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18 h 00
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Complies
19 h 30
20 h 00
  Complies
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20 h 00

Quelques chants liturgiques...

chant aiguebelle"Donner sa vie"
T.: Didier Rimaud - M. : Marcel Godard



"Exulte de toutes tes forces"
T.: AELF - M. : Aiguebelle



"Salve"
M. : Mélodie cistercienne

Saint Luc

Mercredi, 18 Octobre 2017

De Luc à Théophile de MARC GIRARD

L’évangile de "Luc", le "médecin bien-aimé", qui comptait parmi les compagnons et collaborateurs de Paul, est marqué par un certain type de spiritualité. Or une spiritualité révèle toujours une personnalité : ici une personnalité extrêmement riche, toute en contrastes. Signalons-en quelques-uns.
Luc est d’abord un doux et un radical. Sous la plume de l’évangéliste, on devine tout de suite une âme tendre. À preuve, chez lui, cette triple fascination : le monde de l’enfance, le mystère de Marie mère, et plus généralement tout l’univers féminin. Luc est en effet le seul à rapporter d’impressionnantes histoires d’enfants : le drame d’un couple vieillissant sans rejeton, la perspective bouleversante d’une grossesse sans principe paternel, le bondissement de joie d’un fœtus de six mois, deux fêtes familiales pour des bébés naissants, l’exaltation prophétique de l’enfant-messie par un couple de vieillards, et l’émerveillement général, au Temple, devant un jeune pubère surdoué.
Sur Marie, le troisième évangéliste théologise avec une finesse unique. C’est autour de la figure maternelle, essentiellement, que Luc construit tout son Évangile de l’enfance de Jésus, alors que Matthieu fait de Joseph le protagoniste et le point de mire de toutes les scènes correspondantes.
Étonnant paradoxe : Luc, tendre et sensible quand il s’agit des personnes, devient un radical, à peu près sans nuances, quand il traite des idéaux et des principes évangéliques. Plus d’accommodements ni de ménagements à la manière de Matthieu : c’est aux vrais pauvres qu’appartient le Royaume ; le renoncement requis du disciple n’admet pas de restrictions.
Luc est aussi un contemplatif et un engagé. Que l’écrit dédié à Théophile reflète l’expérience d’un spirituel, d’un mystique, cela va de soi ; nul ne le contestera. Luc n’est-il pas l’évangéliste par excellence de la prière, de l’Esprit saint, de l’intériorité, du Temple ? Ce qu’il a écrit de Marie de Nazareth révèle à la fois une méditation très approfondie des Écritures et une contemplation tranquille du visage mystérieux de la Vierge mère. Cela explique, en partie, qu’une certaine tradition iconographique, beaucoup plus tard, l’ait représenté sous les traits d’un artiste peintre, pinceau en main et bleu pastel au bout des doigts.
Mais si Luc est mystique, il n’est pas reclus. Il se montre engagé corps et âme dans le feu de l’action, à la fois comme disciple itinérant et comme partisan d’une certaine idéologie sociale subversive. Selon toute probabilité, il s’est formé le cœur et la main en prenant part aux épuisantes courses apostoliques de Paul, ce qui l’amène, théologiquement, à enraciner tous les ministères d’après Pâques dans la vie historique du Nazaréen.
Autre paradoxe. Beaucoup plus que son maître Paul et que ses pairs, les autres évangélistes, Luc, en fin psychologue, porte une attention toute spéciale à la personne humaine, à ses émotions, à ses sentiments. On s’étonne alors qu’un narrateur aussi attentif à la psychologie de l’individu, soit en même temps un mordu de la foule et un promoteur hors pair de l’encadrement communautaire le plus strict. Car assez curieusement, le Jésus du troisième évangile n’a pas tendance à former ses proches comme en serre chaude. Là où Matthieu et Marc mettent en scène autour du Maître les Douze ou les disciples seuls, ou un groupe particulier, Luc élargit quelquefois l’auditoire à une grande foule ou une multitude venue de partout.

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...