desertDès le début du christianisme, des hommes, cherchant Dieu, se sont sentis appelés à tout quitter pour suivre le Christ. Ils se retirèrent aux déserts d'Égypte et de Palestine pour y mener une vie de prière, de méditation et de travail manuel. Certains ermites se regroupèrent autour d'un ancien ou d'un "Abba" (Père) pour écouter son enseignement. La vie monastique était née.

Elle se répandit rapidement jusqu'en Occident, aidée, entre autre par "la vie de saint Antoine" écrite par saint Athanase.




stbenoitPar sa Règle, écrite pour ses disciples, saint Benoît devint le grand législateur de la vie monastique en Occident. Celle-ci organise la vie des frères selon l'Évangile : "Ils ne doivent rien préférer à l'amour du Christ" (ch. 72), présent dans l'Abbé, chacun des frères, les malades et les hôtes. Cette Règle, riche d'une doctrine spirituelle, d'une profonde sagesse et d'une bonne connaissance de la psychologie de l'homme, nous livre un enseignement toujours aussi actuel qu'il ne l'était au 6ème siècle.

La vie qu'il organise, est vie une cénobitique, c'est-à-dire la vie d'une communauté vivant sous une Règle et un Abbé. L'Abbé est le représentant du Christ et le Père de la communauté. C'est lui qui a la responsabilité tant du spirituel que du matériel. Pour cela, il est aidé dans le premier cas par le Père Prieur et le Père Maître (pour les novices), et dans le deuxième cas, par le cellérier.

fondateursL'Ordre Cistercien de la Stricte Observance prend sa source dans la tradition monastique de vie évangélique qui trouve son expression dans la Règle des monastères de saint Benoît de Nursie. Les fondateurs de Cîteaux donnèrent à cette tradition une forme particulière dont certains aspects furent défendus avec force par les monastères de l'Étroite Observance.

Notre Ordre est un institut monastique intégralement ordonné à la contemplation ; c'est pourquoi les moines, dans l'enceinte du monastère, se consacrent au culte divin, en suivant la Règle de saint Benoît, et assurent l'humble et noble service de la divine Majesté dans la solitude et le silence, dans la prière assidue et une joyeuse pénitence, en menant la vie monastique.

La forme de vie cistercienne est cénobitique. Les moines cisterciens cherchent Dieu et marchent à la suite du Christ sous une règle et un abbé dans une communauté stable, école de charité fraternelle. Parce que tous les frères ne forment qu'un cœur et qu'une âme, tout leur est commun. Portant le fardeau les uns des autres, ils accomplissent la loi du Christ et, participant à ses souffrances, ils espèrent entrer dans le royaume des cieux.

Suivant ces prescriptions de la Règle de saint Benoît, les frères parviennent à une profonde paix intérieure. Paix dont notre monde a tant besoin.

transept-aiguebelleLe moine ne doit rien préférer à "l’œuvre de Dieu". La vie de prière de la communauté est avant tout une prière commune, la Liturgie des Heures. Cette prière liturgique atteint son sommet dans la célébration eucharistique, source et centre de la journée du moine. Sept autres offices se répartissent tout au long de la journée. Ils permettent aux frères de revenir à l'essentiel, Dieu lui-même, et de sanctifier les différentes heures de la journée.

En esprit de componction et dans la ferveur d'un désir intense, les moines s'adonnent fréquemment à l'oraison. Demeurant sur terre, ils vivent en esprit dans les cieux, désirant la vie éternelle de toute leur ardeur spirituelle. Chez les Cisterciens, la bienheureuse Vierge Marie élevée au ciel, vie, douceur et espérance de tous les pèlerins sur la terre, n'est jamais loin de leurs cœurs.

La principale fonction du silence monastique est donc de préserver cette memoria Dei qui est bien plus que la simple mémoire. C'est une attention, un éveil total à Dieu, qui est impossible sans le silence, le recueillement, la solitude et un certain retrait.

scriptorium-aiguebelleUne valeur importante de la vie est la lecture des saintes Écritures, appelée la "lectio divina". Elle consiste à lire et à relire attentivement et lentement les Écritures. A les méditer, à lire ses commentaires des Pères ou d'auteurs spirituels de l'Église (surtout pour nous les Pères cisterciens), afin de s'en imprégner petit à petit. À laisser se transformer notre cœur par le souffle de l'Esprit Saint, convaincu que derrière le texte, Dieu est présent.

Une lectio divina assidue favorise grandement chez les frères la foi en Dieu. Cet exercice excellent de la vie monastique, où la Parole de Dieu est écoutée et ruminée, est source de prière ; elle est également école de contemplation où le moine s'entretient cœur à cœur avec Dieu.