Vendredi 5ème semaine de Pâques

Vendredi, 19 Mai 2017

L’Apocalypse de saint Jean d’Henri-Marie FÉRET

"L’Esprit et la Fiancée disent : "Viens !" Et que celui qui entend dise : "Viens !". Et que celui qui a soif vienne, et que celui qui le veut prenne de l’eau de vie, en pur cadeau !".
Telle est la voix de l’Église dans ce dialogue ineffable qui s’échange entre elle et son Époux divin, et qui ne s’achèvera qu’au jour des noces de l’Agneau. Toute l’Église, c’est-à-dire aussi bien la totalité des chrétiens, qui, en corps, en collectivité, constituent la sainte fiancée donnée par le Père à son Fils, que chacun des chrétiens considéré selon toutes ses possibilités et responsabilités de per-sonne spirituelle autonome ; C’est donc toute l’Église qui est et qui doit être traversée par cette puis-sance du désir que saint Jean exprime par ce seul mot : " Viens ! " Il n’y a pas de messianisme chré-tien, mais il y a une eschatologie chrétienne, ou plus exactement une attente et une espérance chré-tienne de la définitive manifestation du Christ et des triomphes de sa vérité. Cette attente du Christ, cette espérance de sa glorieuse parousie, sont et doivent être plus puissantes que ne le pourrait être aucun messianisme, car elles sont toutes pénétrées d’amour, de l’amour de l’Église pour le Christ. En cet amour et en cette espérance s’exprime en réalité la tendance de l’Église et de toute la création vers la définitive et parfaite unité de toutes choses en Dieu qui ne se réalisera pleinement qu’au jour de la parousie glorieuse de son Fils. C’est pour cela que l’intense aspiration de la Fiancée : “Viens !”, se confond avec l’aspiration même de l’Esprit-Saint qui est, d’après tous les enseignements de saint Jean, le grand agent de l’unité.
De même que saint Paul reconnaissait en chaque âme chrétienne ces gémissements ineffables de l’Esprit vers l’adoption parfaite, de même saint Jean manifeste en ce passage qu’une semblable et toute divine aspiration traverse la totalité du mystère de l’Église. Il est clair d’ailleurs qu’en réalité, les deux enseignements coïncident. C’est par le désir et espérance d’un chacun que l’Église espère et désire l’Époux de ses noces divines, et inversement, c’est dans la mesure où, par sa vie chrétienne la plus consciente et la plus volontaire, chaque croyant se tient étroitement uni à la totalité du mystère de l’Église, qu’il sent croître en lui cotte espérance et ce désir du Christ, secret de sa force en ce monde.
Alors, comme l’Église et en elle, il entend la réponse du Christ : “Celui qui témoigne de ces choses dit : " Oui ! Je viens rapidement ! ". Plus l’espérance du chrétien est vive, plus elle s’accom-pagne de la certitude de n’être point frustrée. Plus l’Église désire son Époux, plus il lui paraît proche.

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...