Samedi 5ème semaine de Pâques

Samedi, 20 Mai 2017

Dernière retraite d’ÉLISABETH DE LA TRINITÉ

"Il n’y a pas de lumière dans la ville éternelle", nous dit saint Jean, "parce que la clarté de Dieu l’a illuminée, et que l’Agneau en est le flambeau". Si je veux que ma cité intérieure ait quelque conformité avec celle du "Roi des siècles, l’immortel", et reçoive la grande illumination de Dieu, il me faut éteindre toute autre lumière pour que, comme en la ville sainte, l’Agneau en soit le seul flambeau.
Voici la foi, la belle lumière de foi, qui m’apparaît. C’est elle seule qui doit m’éclairer pour aller au-devant de l’Époux. Le psalmiste chante que celui-ci "se cache dans les ténèbres", puis il semble se contredire en poursuivant : "La lumière l’environne comme un vêtement". Ce qui ressort pour moi de cette contradiction apparente, c’est que je dois me plonger dans la "ténèbre sacrée" en faisant la nuit et le vide dans toutes mes puissances ; alors je rencontrerai mon Maître, et "la lumière qui l’environne comme un vêtement", m’enveloppera aussi, car Il veut que l’Épouse soit lumineuse de sa lumière, de sa seule lumière, "ayant la clarté de Dieu".
Il est dit de Moïse qu’il était "inébranlable dans sa foi, comme s’il avait vu l’invisible". Il me semble que telle doit être l’attitude d’une louange de gloire qui veut poursuivre, à travers tout, son hymne d’action de grâces : "Inébranlable dans sa foi, comme si elle avait vu l’invisible", inébranlable dans sa foi au "trop grand amour". "Nous avons connu l’amour de Dieu et nous y avons cru".
"La foi, dit saint Paul, est la substance des choses que l’on espère, et la conviction de celles que l’on ne voit pas". Qu’importe à l’âme qui s’est recueillie sous la clarté que crée en elle cette parole, de sentir ou de ne pas sentir, d’être dans la nuit ou dans la lumière, de jouir ou de ne pas jouir. Elle éprouve une sorte de honte à faire la différence entre ces choses. Et lorsqu’elle se sent encore touchée par elles, elle se méprise profondément pour son peu d’amour, et regarde vite vers son Maître pour se faire délivrer par lui. Elle l"‘exalte", selon l’expression d’un grand mystique, "sur la plus haute cime de la montagne de son cœur", au-dessus des douceurs et des consolations qui découlent de lui, car elle a résolu de tout dépasser pour s’unir à Celui qu’elle aime.
Il me semble qu’à cette âme, inébranlable dans sa foi au Dieu-Charité, peuvent s’adresser ces paroles du Prince des Apôtres : "Parce que vous croyez, vous serez remplis d’une joie inébranlable et glorifiés".

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...