Exaltation de la Sainte Croix

Jeudi, 14 Septembre 2017

Sermon de Saint LEON LE GRAND

La croix du Christ par laquelle le Seigneur s’est sacrifié pour le salut des hommes est à la fois sacrement et exemple. Sacrement où se révèle la puissance divine, exemple qui excite l’amour de l’homme. À ceux, en effet, qu’elle arrache au joug de l’esclavage, la rédemption ajoute ce bienfait de pouvoir être imitée.
L’ensemble du genre humain était tombé en la personne de nos premiers parents ; mais Dieu, en sa miséricorde, voulut secourir par son Fils Jésus-Christ la créature faite à son image, de sorte que la restauration de la nature ne se fit pas hors de la nature, et que la condition nouvelle l’emportât en même temps sur la condition d’origine. La nature aurait été heureuse, en effet, si elle n’était pas déchue de l’état dans lequel Dieu l’avait créée, mais elle est plus heureuse encore si elle demeure en celui qui l’a recréée. C’était déjà beaucoup d’avoir reçu du Christ sa condition, c’est plus encore de subsister en lui.
C’est pourquoi, bien-aimés, si notre cœur croit ce que notre bouche confesse, c’est nous-mêmes qui, avons été crucifiés dans le Christ, c’est nous qui sommes morts, nous qui avons été ensevelis, nous qui sommes également ressuscités le troisième jour. Aussi l’Apôtre dit-il : "Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les biens d’en haut, là où se trouve le Christ assis à la droite de Dieu, pensez aux biens d’en haut, non à ceux de la terre. Car vous êtes morts et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ apparaîtra, lui qui est votre vie, vous aussi vous apparaîtrez avec lui dans la gloire". Pour que les fidèles sachent que leur cœur possède ce qui lui donne la force de s’élever à la sagesse d’en haut en méprisant les convoitises du monde, le Seigneur promet sa présence en ces termes : "Voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde".
Armons-nous donc toujours de la croix du Seigneur. Nous ne cessons jamais de fêter Pâques si nous nous abstenons du vieux levain de la malice, par la sincérité de la vérité. Car parmi les fluctuations de la vie présente, remplies de diverses épreuves, nous devons toujours nous souvenir de ce que nous dit l’Apôtre : "Ayez en vous les sentiments qui furent ceux du Christ Jésus". Si vous comprenez, veut-il dire, le grand mystère de la piété et ce qu’a fait le Fils de Dieu pour le salut du genre humain, ayez en vous les sentiments qui furent ceux du Christ Jésus. Imitez ce qu’il a fait, aimez ce qu’il a aimé, et, trouvant en vous la grâce de Dieu, aimez en lui votre nature.
Réjouissez-vous en cette fête, vous qui êtes sûrs de la naissance du Christ selon la chair, de sa Passion, de sa mort et de sa résurrection corporelle, car celui que vous reconnaissez ainsi, c’est, sans aucune séparation d’avec la divinité, le Christ véritable, né de la Vierge, le Christ véritable pendu au bois, le Christ véritable au tombeau où sa chair repose, reconnu véritable dans la gloire de sa résurrection, véritablement assis à la droite du Père. C’est de là que nous attendons comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ qui transfigurera notre corps de misère pour le configurer à son corps de gloire.

 

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