Exposition à l'Abbaye

Une exposition vous est actuellement proposée au Magasin de l'Abbaye :

Présence(s) Photographie présente :

« MÉMOIRES ÉTERNELLES »

Photographies d'ORSA

Du 16 novembre 2018 au 6 janvier 2019

Vernissage le 1er décembre à 11 h

 

exposition aiguebelle orsa

Ces photographies ont été présentées à :

NEW YORK
CUTLOG - SOHO Mai 2013
CALVI
GALERIE MARIE RICCO Juillet 2013
ST FLORENT(Corse)
COUVENT SAINT FRANÇOIS 2014
PARIS
MINI-PALAIS Mai 2015
MONACO
PHOTO MONACO (Première édition)) AVRIL 2018

 

« Le visible ouvre nos regards sur l’invisible »

de Stéphanie PIOLA

Des silhouettes se découpent et surgissent de noirs profonds à la Caravage, désincarnées. La lumière n'a accroché que les coules de ces moines que l'on pourrait confondre avec des fantômes tant ils ont des allures d'apparitions. Les corps ont disparu, fondus dans l'obscurité de la chapelle où ils avancent les uns derrières les autres à l'heure de l'office. Le flouté des bords du capuchon et des manches renforce cette sensation d'évanescence. Avec cette série de photographies, on pourrait céder à la tentation du mysticisme tant elles ont une charge symbolique forte, que ne suspectait pas Orsa lorsqu'il a appuyé sur le déclencheur. Encore une fois ici, c'est l'instinct qui a guidé l'artiste, l'impulsion du moment qui lui réserve ainsi de fabuleuses faveurs. Car en sortant de cette chapelle, il apprend qu'un des moines de Tibhirine, enlevés et décapités en 1996, faisaient partie de l’Abbaye d’Aiguebelle. Et la magie qui entoure ces images – et de la toute première en particulier intitulée La Rencontre – a voulu qu'à la place de la tête se trouve comme une aile d’ange. De quoi bouleverser aussi bien Orsa, les moines du monastère que sa tante, témoin de ces scènes à l'abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle, dans la Drôme.

Là encore, Orsa nous emmène dans une histoire incroyable, dont le point de départ nous plonge dans son parcours personnel. Alors qu'il n'a plus de nouvelles depuis des années des membres de sa famille, un soir de 2011 il reçoit un message sur Facebook : « Si tu es Jean-Dominique Orsatelli, né en Algérie à Castiglione, je suis ta cousine. » Le choc pour celui qui a perdu sa mère une quinzaine d'années auparavant, ayant fait le deuil de tout lien avec d'éventuels membres en vie. Le lendemain matin, il prend le bateau à Calvi pour se rendre à côté de Montélimar, rejoindre ce petite bout de famille qui réapparaît. « La dernière fois que ma tante m'avait vu, j'avais 9 ans, et là, 52 ans après, j'en ai 61. » Sa tante, qui priait depuis de nombreuses années pour revoir Orsa dans une chapelle aux alentours, est tellement émue et bouleversée d'imaginer que son souhait a été exaucé qu'elle souhaite l'emmener dans cet endroit à 35 kilomètres de là.

Le charme et la rigueur des lignes cisterciennes de l'abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle opèrent, dans le calme d'un domaine en retrait du monde et cerné de forêts, blottie dans un vallon. « Ma tante m'amène devant la Vierge à qui elle offre un cierge. Elle est heureuse, ses prières ont été exaucées. Elle m'emmène ensuite au fond, dans la chapelle. On entre, c'est splendide. Il n'y a personne, seulement ces bancs rustiques moyenâgeux. À un moment, j'entends une mélodie rappelant le clavecin ou la harpe. Un premier moine apparaît, la tête baissée. Je ne vois ni son visage, ni ses jambes. Les autres suivent, un à gauche, un à droite, et défilent ainsi lentement. En tout ils sont seize. Et immédiatement, je shoote, sans regarder les images. Je mitraille sans arrêt. Nous sortons de la chapelle et je remarque un mémorial avec une mention ''Moines de Tibhirine''. » Orsa prend alors conscience du lien entre le drame passé et l'abbaye. Bouleversé, il retourne à l'intérieur de la chapelle, voit le nom des moines tués sur les bancs, il a la chair de poule, il veut filmer.

De retour chez sa tante, il est impatient de voir les photographies prises à l'abbaye, et découvre déconcerté celle où semble figurer une aile d'ange. Tous les deux sont impressionnés et étourdis. « Je leur ai coupé la tête une deuxième fois... » lance gravement Orsa. Comme s'il se retrouvait dans la position de messager... Le lendemain, il retourne à l'abbaye pour partager cette image et ses émotions avec le frère Marc Henry, qu'il trouve en tenue de travail. Face à la photo, il a un mouvement de recul, bousculé par la stupéfaction. Lui aussi fait immédiatement le lien avec le tragique destin de ses frères. Orsa ne pouvait que partager ces images comme tombées du ciel en une exposition, et le titre était évident :

« Mémoires éternelles. » Ce qui est surprenant également dans ce qu'Orsa a capté ici, c'est que ces images résonnent comme les représentations de Saint-Jérôme dans le désert ou des Vanités du XVII e siècles, rappelant la fragilité de la vie et la futilité de ce monde matériel. 

« Vanité des vanités, tout n’est que vanité. »

Stéphanie PIOLA

 

Biographie de Jean-Dominique ORSATELLI dit ORSA

exposition aiguebelle orsa biographie« Orsa »... A l’oreille, son nom qui vibre comme un roulement de vague fait songer à l’hypothèse d’un artiste né par exception faite à la règle générale, et qui ne serait ainsi désigner que pour mieux annoncer une suite à laquelle il n’est pas possible de s’attendre. On le comprend comme qu’on l’entend, il ne serait y avoir de répétition dans une vie d’artiste. « Or, ça »... Car l’homme est aussi libre et secret, si ce n’est imprévisible, que son art surprend par sa fraîcheur et sa générosité. Pour ne pas dire, sa sincérité, tout simplement. Né le 28 juin 1950 à Castiglione, en Algérie, aujourd’hui Bou-Ismail, une petite station balnéaire sur les bords de la Méditerranée, à une quarantaine de kilomètres au sud- ouest d’Alger, Jean-Dominique Orsatelli, « Jeando » pour les copains, s’en rappelle aux bons souvenirs « des peintres d’occasion qui y plantaient leurs chevalets tous les week-end, comme à Cadaquès, sauf que nous n’avons pas eu le temps de faire Cadaquès.

Originaire de Castagniccia, sa famille rejoint donc l’Ile de Beauté. Un premier déracinement, pas facile à dix ans, « j’ai fait un grand bond entre deux pays, sans pallier intermédiaire, de la culture arabe à la tradition corse », reprend Orsa avec pudeur et nostalgie. « En même temps, mon sang est corse, mes ancêtres le sont, et je n’ai pas attendu l’histoire pour l’être moi-même ». L’enfance, des études à Bastia, « c’était formidable, parce qu’on avait de l’école une vue plongeante sur la mer. Ce qui fait que j’ai passé des journées entières à regarder la mer. A tel point que la Corse n’a toujours pour moi qu’une seule couleur, le bleu turquoise... Mais aussi celle de l’amitié, au-delà de ses frontières ».Bon élève, légèrement dissipé, reconnaît-il lui même, très

attiré par le sport et la chanson, « c’est un garçon qui fonctionne entre la voix et les mains », dira son père. A l’époque, Orsa monte un petit orchestre qui marche très bien. Après ça, j’ai fait les choses trop vite, mariage à vingt ans, divorce six mois plus tard. Bref, il se retrouve à Paris, du jour au lendemain, à la manière d’un jeune premier, à qui le destin ne devait pas manquer d’offrir un joli bout d’essai.

Auteur, compositeur, interprète, il collabore ainsi avec le meilleur du métier et notamment avec Etienne Roda-Gil quelques années, excusez du peu.

« J’ignore si c’est la musique qui m’a jeté dans l’art ou l’art dans la musique ?!

C’est le mouvement, je crois qui m’a conduit à la musique, en tout cas pas l’inverse » ajoute Orsa, tandis qu’il revient avec plaisir sur tous ses voyages initiatiques, et surtout l’Oklahoma où il vécut parmi les Indiens cherokees.

Et puis, encore l’Afrique noire, pendant quinze ans... « En 1989, je suis effectivement parti en Côte d’Ivoire, pour m’installer à Abidjan. Comme ça, sur un coup de tête ! Besoin d’autre chose, d’espace, d’aventure»... A la vérité, l’homme ne peut s’arrêter de bouger, d’explorer, d’improviser. Photographe autodidacte, il parcourt le pays dans ses régions et ses villages les plus reculés, dont il rapporte des reportages inédits sur le commerce du cacao, des paysages et des portraits profondément humanistes. Pluridisciplinaire et surtout curieux des formes, il dessine également des bijoux et se donne à la sculpture.

Entre autres commandes, la ville d’Abidjan lui demande de réaliser la statue monumentale du Colonel Oulaï, sise au camp militaire d’Akouédo. En 1998, il signe de même une oeuvre érigée en plein coeur de la ville, à l’occasion du cent cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage. Après sa destruction lors du coup d’Etat en 2000, Orsa décide logiquement de quitter le pays pour regagner la Corse une fois encore. A Calvi, Orsa continue pour le moins de redonner à voir dans ses tableaux d’abord, des couleurs pures et brutes, tirées des émotions et de l’expérience. «En contact permanent et direct avec la Terre, je peins chez moi dans la lumière, des univers qui me fascinent et dont je ne peux me lasser...D’ailleurs, je voyage dans mon art comme dans la vie », avoue-t-il avec sobriété. « Que ce soit dans ma gestualité picturale – les fameuses courbes de l’écriture arabe – ou dans le mouvement sculpté des matières que j’assemble comme des notes de musique, j’essaie de retrouver les formes et les personnages qui ont marqué mon vécu, mon imaginaire ». Artiste autobiographique, Orsa aime plus que tout le silence de l’atelier pour s’atteler à la tâche, passer d’une pièce à l’autre. « C’est très réglé comme le hasard parfois. Je suis à fond sur une sculpture, et puis les mains barbouillées de peinture, le temps qu’elles aient séché, je peux me retrouver au piano, et là je rentre dans la musique. Des états successifs et complémentaires qui sont autant de moments d’évasion ». Aujourd’hui, c’est sur sa nouvelle exposition new-yorkaise prévue pour le mois de mai prochain, qu’il consacre le plus clair de son temps. Un autre rendez-vous dont les promesses de Nouveau Monde ont déjà le parfum d’une grande découverte !

Renaud SIEGMANN

Contacts

ORSA

Tél : 06 71 18 97 81
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Site Web : orsa-arts.com

Michel CORRÉARD

Présence(s) Photographie
Tél : 06 70 94 66 07
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