Horaire des Offices

 
Semaine
 
Dimanches et Solennités
 
 
 
 
Vigiles
4 h 00
  Vigiles
4 h 00
Laudes
7 h 00
  Laudes
7 h 30
Messe
7 h 30
  Tierce
9 h 15
Tierce
9 h 15
  Messe
10 h 30
Sexte
12 h 15
  Sexte
12 h 15
None
14 h 15
  None
14 h 15
Vêpres
18 h 00
  Vêpres
18 h 00
Complies
20 h 00
  Complies
20 h 00

 

Les offices sont de nouveau accessibles. Compte-tenu des consignes sanitaires actuelles, merci de veiller à garder à l'église une distance de 2m entre chaque personne. Les membres d'une même famille peuvent rester ensemble. Le port du masque est recommandé.

Quelques chants liturgiques...

Le chœur de la communauté d'Aiguebelle

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  • "Donner sa vie" - T. : Didier Rimaud - M. : Marcel Godard
  • "Exulte de toutes tes forces" - T. : AELF - M. : Aiguebelle
  • "Salve" - M. : Mélodie cistercienne

 

Lundi 4ème semaine de Pâques

Lundi, 9 Mai 2022

Lettre aux Fraternités de RENÉ VOILLAUME

Je lis, à l’office grec de Laudes, l’évangile de la Résurrection relatant l’apparition au bord du lac, au petit jour, ainsi que la pêche de cent cinquante-trois gros poissons et le repas avec le Seigneur. Ensuite l’office poursuit : “En vérité, nous avons vu la résurrection du Seigneur”. Nous l’avons vue ! Comment puis-je dire ces paroles ? Et pourtant, chaque dimanche de l’année, l’Église me les fait prononcer à l’office. “Nous avons vu la résurrection du Seigneur !”. 

Mais si je l’avais vue, la vie ne serait-elle pas pour moi toute différente de ce qu’elle est ? Avoir vu un événement de ses yeux, c’est avoir introduit cet événement dans sa propre vie, dans cette vie terrestre. Ce que j’ai vu fait un peu partie de ma vie à moi. Cela est gravé dans ma mémoire. Avoir vu la résurrection du Seigneur ! Si je l’avais vue, je ne pourrais jamais l’oublier, car c’est trop important pour lui, le Seigneur, mais surtout pour moi, oserais-je dire, car nous sommes ainsi faits que, même lorsqu’il s’agit du Seigneur, nous n’arrivons pas à renier notre propre vie. Et pourtant ne le devrions-nous pas ? “Celui qui perd sa vie à cause de moi”, avez-vous dit ! Oui, mais pas en ce qui concerne la résurrection, car cela, je ne puis me résoudre à en perdre la mémoire, et je sais bien que, lorsque je toucherai le fond de ma propre vie - et cela nous arrive de temps en temps, avec tout le désespoir ou l’immense ennui, le vide, qui en sont les conséquences - alors il faudra que la résurrection soit en moi un motif de vivre et d’espérer, il faudra que votre résurrection soit bien en moi, car la mienne, elle n’est pas encore à moi, elle n’est qu’en espérance.

La vôtre, Seigneur, j’ai besoin de l’avoir vue, de la posséder, de la faire mienne. Et c’est pourquoi il est si bon que chaque dimanche - et c’est bien peu ! - je sois ainsi amené à lire un des récits de vos apparitions aux Apôtres. Ces événements sont bien humains, bien terrestres, ils doivent être pour moi bien vrais. Si vois la Résurrection, c’est à travers les yeux des Apôtres ; mais il faut absolument que tout en moi soit comme si j’avais vu ; comme si j’avais vu réellement de mes yeux votre résurrection, Seigneur ! 

Je l’ai vue. Alors, je suis capable de mourir un peu chaque jour de ma vie religieuse, lorsque la Croix me barre la route et que je ne peux plus continuer sans la soulever, l’embrasser. Je pourrai aussi mourir complètement, pour un temps, et traverser l’agonie : je vous ai vu ressuscité, et ma mort ne sera plus une mort, mais une préface à la résurrection, à la mienne. Ce n’est pas la même chose d’agoniser tout seul dans le noir, en se débattant avec les derniers restes d’une pauvre vie qui est bien obligée de se terminer, et de le faire en sachant que vous êtes ressuscité et que je ressus¬citerai avec vous. Pour ressusciter, il faut bien mourir d’abord : la mort est donc le début de la résurrection, sa condition. C’est pourquoi, alors que notre pape Jean XXIII souffrait tellement, agonisait si longuement, cela m’a fait quelque chose de l’entendre murmurer : “Je suis la résurrection et la vie”.

La mort vient avant la résurrection, mais il faut avoir vu la résurrection pour être capable de trouver le dépouillement et de supporter la mort de la croix. C’est pourquoi, jamais, avant d’avoir vu la résurrec¬tion, je ne serai capable de dire avec la liturgie du même office : “Seigneur, je me prosterne devant ta croix ; je la loue”. Non, je ne pourrai pas dire cela avant d’avoir dit : “Seigneur, j’ai vu ta résurrection”. Et de fait, comme je comprends que la croix n’ait été pour les pauvres Apôtres en fuite qu’un objet d’horreur, une chose insupportable, nue et sans espérance, tant qu’ils n’avaient pas vu votre résurrection. Après, bien sûr, tout devait être changé. Changé dans le fond, mais pas en apparence, ni à la surface des choses sen¬sibles, mais au fond, là où l’esprit seul peut atteindre dans la foi, en attendant mieux. “En vérité, Seigneur, nous avons vu ta résurrection”.

Si cette réalité me sortait de la mémoire, il me semble que je ne serais plus capable de vivre en religieux, et sans doute pas même en chrétien !

 

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...

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