Sainte Brigitte

Lundi, 23 Juillet 2018

Brigitte de Suède d’Aron ANDERSON

Après la mort de son mari, Brigitte s’en fut vivre au monastère d’Alvastra. C’est là que se passèrent les dernières années de sa vie en Suède et ce fut le lieu où elle chercha à mettre pleinement en pratique les usages de la vie monastique, cet idéal qu’elle avait nourri si longtemps dans son cœur. Son Père spirituel, le chanoine Matthias, raconte à ce sujet : "Elle distribua ses biens à ses héritiers et aux pauvres, se libéra des entraves du monde et ainsi, devenue pauvre, se mit à la suite du Christ qui, Lui aussi, avait été pauvre. C’est pourquoi elle ne conserva qu’un modeste vêtement et le strict nécessaire pour son entretien". Brigitte logeait dans un petit bâtiment situé au nord de l’enceinte du monastère ; mais malgré cela, elle ne pouvait éviter de susciter un certain étonnement. Le fait qu’une veuve éplorée, ayant besoin d’un guide spirituel et d’une vie plus intense de prière, cherche asile auprès d’un couvent de moines, paraissait étrange. Même parmi les religieux du monastère, il y avait une certaine opposition : "Pourquoi cette dame, contrairement à notre règle, doit-elle habiter un couvent de religieux et créer ainsi un précédent ?", se demandait le vieux Père Gerekin. Toutefois, au cours d’un office, ce dernier entendit une voix qui lui dit : “Cette dame est une amie de Dieu, venue au couvent pour réunir sous cette colline des fleurs qui guériront tous les hommes, même ceux qui sont de l’autre côté de la mer et jusqu’aux confins du monde". "Cela ne peut être vrai, déclara un de ces hommes irréprochables, et de plus, le fait que Dieu nous délaisse, nous autres religieux qui sommes ses serviteurs, pour révéler ses secrets à de nobles dames, cela ne concorde pas avec la sainte Écriture !" Mais plus tard ce religieux, comme beaucoup d’autres, changea d’opinion et finit par être convaincu de la mission divine de Brigitte à la suite de plusieurs signes et miracles. Ces années-là, c’était comme s’il se développait un étincellement de surnaturel autour de sa personne, une émanation qui persuadait, enchantait et brisait toute résistance. C’était le Christ et la Vierge Marie qui parlaient à Brigitte ; elle entendait leurs voix au cours de ses extases, pendant les temps de prière, "quand le corps s’enfonce dans la torpeur qui cependant n’est pas la torpeur du sommeil". La Vierge Marie conduisit Brigitte à son Fils et fit cette prière : "Je Te prie pour ma fille, parce qu’elle est timide, et je Te prie pour ton épouse dont Tu as sauvé l’âme en répandant ton sang ; Tu l’as illuminée de ton amour et réveillée par ta bonté et par ta miséricorde, Tu as échangé des promesses nuptiales avec son âme. Je Te prie, mon Fils, donne-lui des vêtements, non de cette Terre mais du Ciel, des vêtements qui ne brillent pas extérieurement mais qui intérieurement resplendissent d’amour et de pureté. Donne-lui aussi ton très précieux Corps. Mon Fils, donne à ton épouse cette nourriture parce que, sans elle, elle dépérira comme un enfant privé de lait, tandis que par ce moyen elle retrouvera de nouvelles forces pour faire toutes sortes de bonnes œuvres". Lors d’une nuit de Noël à Alvastra, tandis qu’elle assistait à la sainte messe, Brigitte se sentit envahie d’une sublime et grande joie, si sublime et si grande qu’elle put à l’instant même s’entretenir de cette joie tout en percevant en son cœur un tressaillement étrange et distinct de ceux de son propre cœur, comme s’il y avait en lui un enfant vivant qui se mouvait d’avant en arrière. Le jour de Noël, pendant la Messe solennelle, la Mère de Dieu lui apparut et lui dit : "Ma fille, tu t’es demandé ce qu’était ce tressaillement que tu as ressenti dans ton cœur. Sache que ce n’était pas une tromperie du démon, mais que cela ressemblait au contraire à cette béatitude que j’ai éprouvée et à cette miséricorde qui m’animait. Car telle fut l’arrivée de mon Fils en mon sein : étrange et soudaine. C’est pourquoi tu ne dois pas craindre mais te réjouir, car ce tressaillement que tu éprouvas est le signe de l’arrivée de mon Fils en ton cœur".

 

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