Jeudi de la 19ème semaine du T.O.

Jeudi, 16 Août 2018

Sermon sur la Passion de SAINT LÉON LE GRAND

La nature humaine a été assumée par le Fils de Dieu si intimement que non seulement en cet homme, premier-né de toute créature, mais aussi dans tous les saints, il n’y a qu’un seul et même Christ. Et comme la tête ne peut se séparer des membres, ainsi les membres ne peuvent être séparés de la tête. Sans doute ce n’est pas dans cette vie, mais dans la vie éternelle que Dieu sera tout en tous. Pourtant, même maintenant, il habite, indivisé, son temple qui est l’Église, comme il l’a promis : “Je serai avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde”. Que fait entendre à nos cœurs ce témoignage, et bien d’autres encore, sinon qu’il nous faut nous renouveler en tout, à l’image de celui qui, tout en demeurant dans sa condition divine, a voulu être dans la condition d’une chair de péché ? En effet, sans avoir part au péché, il a pris sur lui toutes nos infirmités, conséquences du péché. Il a connu le faim et la soif, le sommeil et la fatigue, la tristesse et les larmes ; il a souffert des douleurs les plus vives, jusqu’aux dernières souffrances de la mort. Personne, en effet, n’aurait pu être délié des liens de la condition mortelle, si lui, le seul en qui la nature de tous était innocente, n’avait accepté d’être tué de la main des impies. Ainsi, à tous ceux qui croient en lui notre Sauveur, le Fils de Dieu, a laissé un secours efficace, en même temps qu’un exemple. Ils obtiennent l’un en renaissant, ils suivent l’autre en l’imitant. Donc, tout ce que le Fils de Dieu a fait et enseigné pour la réconciliation du monde, nous ne le connaissons pas seulement par l’histoire du passé, mais nous l’expérimentons aussi par la puissance de ses œuvres présentes. Par l’Esprit Saint il est né d’une mère vierge et, par le même Esprit, il féconde son Église toute pure, afin que, par l’enfantement du baptême, une innombrable multitude d’enfants soit engendrée à Dieu. Il est dit de ceux-ci qu’ils “ne sont pas nés du sang, ni du vouloir de la chair, ni du vouloir de l’homme, mais de Dieu”. C’est en lui que la descendance d’Abraham est bénie par l’adoption du monde entier, et que le patriarche devient père des nations lorsque naissent de la foi, et non de la chair, les fils de la promesse. Sans faire exception d’aucun peuple, il forme de toutes les nations qui sont sous le ciel un seul troupeau de brebis saintes ; chaque jour il accomplit ainsi ce qu’il avait promis : “J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de ce bercail ; celles-là aussi il faut que je les mène, elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul pasteur”. Sans doute a-t-il dit surtout à Pierre : “Pais mes brebis”, mais c’est lui, le seul Seigneur, qui conduit tous les pasteurs. Il nourrit dans des pâturages si gras et si bien arrosés ceux qui viennent au Rocher, qui est le Christ, que d’innombrables brebis fortifiées par l’abondance de son amour n’hésitent pas à mourir pour le nom de leur Pasteur, de même que le bon Pasteur a daigné donner sa vie pour ses brebis. C’est avec lui que souffre non seulement le courage glorieux des martyrs, mais aussi la foi de tous ceux qui renaissent au bain de la régénération. Lorsqu’en effet on renonce au diable pour croire en Dieu, lorsqu’on passe de la vétusté au renouveau, lorsqu’on dépose l’image de l’homme terrestre pour revêtir la forme céleste, il se produit comme une sorte de mort et comme une espèce de résurrection ; si bien que celui qui est reçu par le Christ et qui reçoit le Christ n’est plus, après le bain du baptême, ce qu’il était avant, mais le corps du régénéré devient la chair du Crucifié.

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...