Exaltation de la Saint Croix

Vendredi, 14 Septembre 2018

Sur la Sainte Pâque de SAINT HIPPOLYTE DE ROME

Comme le Verbe nous voyait tyrannisés par la mort, dissous et liés tout à la fois par les liens de la corruption, emportés sur des chemins inévitables et sans issue, il vint prendre la nature du premier homme selon le dessein du Père, et ne confia pas à des anges ni à des archanges la charge de notre salut, mais lui-même prit sur lui tout le combat pour nous, accomplissant ainsi le dessein du Père. Lui-même donc a revêtu en premier lieu ce corps misérable et mort, et c’est pourquoi l’Esprit clame à son sujet : "Il n’a ni beauté ni éclat ; nous l’avons vu sans aimable apparence, objet de mépris et rebut de l’humanité", car c’est dans la ressemblance du péché qu’étant sans péché, il a condamné le péché, montrant que "les bien-portants n’ont pas besoin de médecin, mais les malades". Il a guéri nos corps de leurs infirmités, il a soigné chacune de nos maladies par la vertu de sa puissance afin que s’accomplisse la parole : "Je suis le Seigneur Dieu, je t’ai appelé dans la justice, je te prendrai par la main droite, et te fortifierai. Je t’ai établi comme alliance avec mon peuple et comme lumière des nations, pour ouvrir les yeux des aveugles, délier ceux qui sont enchaînés et délivrer de leur prison ceux qui sont assis à l’ombre de la mort. Je suis le Seigneur Dieu, c’est mon nom". La Pâque que Jésus a désirée pour nous, c’était de pâtir : par la souffrance, il nous a délivrés de la souffrance ; par la mort, il a vaincu la mort ; par la nourriture visible, il nous a donné sa vie immortelle. Voici le désir salutaire de Jésus, voici son amour tout spirituel : montrer les figures comme des figures et donner à ses disciples son corps sacré : "Prenez, mangez, ceci est mon corps ; prenez et buvez, ceci est mon sang, la Nouvelle Alliance, versé pour beaucoup en rémission des péchés". Et en conséquence, plantant le bois à la place du bois, clouant dans un geste de piété sa propre main, à la place de la main perverse qui autrefois s’était tendue vers le fruit, il a montré en sa personne la vraie vie pendue à l’arbre de la croix. Nous en avons mangé et, en mangeant, nous ne mourrons pas. Cet arbre m’est une plante de salut éternel, de lui je me nourris, de lui je me repais. Par ses racines, je m’enracine et par ses branches je m’étends. À son ombre, j’ai dressé ma tente et, fuyant les grandes chaleurs, j’y trouve mon lieu de repos. Ses feuilles sont ma frondaison, ses fruits mes parfaits délices. Il est dans la faim ma nourriture, ma source dans la soif, mon vêtement dans la nudité, car ses feuilles sont l’Esprit de vie ; loin de moi, désormais, les feuilles de figuier. Quand je redoute Dieu, il est ma protection, quand je chancelle mon appui, mon prix quand je combats, quand je triomphe mon trophée. Il est pour moi le sentier étroit et la route bien tracée. C’est l’échelle de Jacob et le chemin des anges au sommet duquel le Seigneur est vraiment appuyé. Cet arbre de la croix aux dimensions célestes s’est élevé de la terre aux cieux, se fixant, plante éternelle au milieu du ciel et de la terre, soutien de toutes choses, appui de l’univers, joint du monde. C’est toi que nous invoquons, ô Dieu Maître éternel, Christ Maître et Roi, étends tes grandes mains sur ta Sainte Église et sur ton peuple toujours tien. Puisque tu as vaincu nos ennemis, dresse encore maintenant les trophées de notre salut, et fais à nous aussi la grâce de chanter avec Moïse le cantique de victoire car c’est à toi qu’appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles.

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...