DEDICACE DE NOTRE-DAME D’AIGUEBELLE

Lundi, 24 Septembre 2018

L’homme moderne et la vie spirituelle de Max THURIAN

La vie liturgique exige une vraie communauté ecclésiale de foi, de vie et de prière. Elle dépend de la foi de l’Eglise en la communion des saints. C’est toute la communauté chrétienne qui prie la liturgie, qui est vraiment la prière de l’Eglise. De même que l’individu et l’Eglise doivent laisser passer l’intercession du Christ par l’Esprit dans la liturgie, pour que 1’« opus Dei» s’accomplisse vraiment, de même l’individu doit s’effacer pour laisser passer en lui l’intercession de la communauté, et la communauté s’effacer à son tour pour laisser s’accomplir la prière de l’Eglise tout entière, l’Eglise de tous les temps et de tous les lieux. Cette attitude de communion ecclésiale n’entraîne pas plus qu’elle n’implique la passivité de l’individu. L’objectivité et l’universalité de la liturgie ne dispensent pas le fidèle de la ferveur et de la participation, de la subjectivité et de l’actualité. Le sacrifice unique de Jésus-Christ dans lequel notre obéissance trouve son sens ne nous rend pas passifs et ne nous dispense pas de notre sacrifice en intercession et en action. D’autre part, la vie liturgique ne réalise pas seulement la communion individuelle du chrétien avec son Dieu dans la Parole, les Sacrements et la prière, elle n’est pas seulement communion aux choses saintes (sancta), mais communion aux saints (sancti). Cela veut dire que dans l’action liturgique le chrétien reçoit son Dieu, mais aussi ses frères dans la foi. Il entre dans une communion étroite et vivante avec l’Eglise. Et l’on comprend alors la valeur formative de la liturgie pour la communauté : elle est une véritable « édification », une vraie construction de la maison de Dieu, un vrai remembrement du Corps du Christ. Un autre aspect de la communauté liturgique est la présence spirituelle non seulement de l’Eglise œcuménique militante, mais encore de l’Eglise triomphante. A l’universalité de la liturgie s’ajoute sa perpétuité et sa continuité. « Vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, cité du Dieu vivant, écrit l’auteur de l’Epître aux Hébreux, Jérusalem céleste où se trouvent des myriades d’anges et le cortège de l’Eglise de vos aînés inscrits dans les cieux... »

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...