Jeudi de la 32ème semaine du T.O.

Jeudi, 15 Novembre 2018

Exhortation au martyre d’ORIGÈNE

Salomon dit dans l’Ecclésiaste : "J’ai loué tous les morts plus que les vivants qui vivent à présent". Quel mort pourrait-on louer avec plus de raison que celui qui, de son propre choix, a préféré mourir pour sa foi !
Tels furent les sept frères dont il est question dans les livres des Maccabées. Persévérant dans leur foi, alors qu’Antiochus les torturait par le fouet et les lanières, ils pourront être encore un admirable modèle de courageux martyre pour tous ceux qui se demanderaient s’ils ont à être inférieurs à ces enfants. Ceux-ci n’ont pas seulement subi les supplices un à un, mais contemplant les souffrances de leurs frères, ils ont montré une admirable fermeté dans la foi. On pouvait voir aussi la mère de tels fils supportant courageusement les souffrances et la mort de ses enfants, en raison de l’espoir qu’elle mettait en Dieu. La rosée de la foi et le souffle de la sainteté ne permettaient pas que fût allumé en ses entrailles le sentiment maternel qui brûle tant de mères dans des épreuves très douloureuses.
À mon sens, il est très utile, en vue du but que nous nous proposons, d’extraire ce récit de l’histoire et de le présenter ici. Car nous voyons ce que peuvent la foi et l’amour de Dieu, beaucoup plus fort que tout amour, contre les supplices les plus cruels et les tourments les plus intolérables. Par cet amour envers Dieu, la faiblesse humaine n’habite plus en nous, mais elle est chassée de l’âme comme une étrangère : elle n’agit plus là où se trouve un homme capable de dire : "Le Seigneur est ma force et ma louange" et : "Je puis tout en celui qui me fortifie, le Christ Jésus, Notre-Seigneur".
On peut connaître par là ce qu’est le martyre, et quelle liberté il donne avec l’aide de Dieu. Le saint est plein de zèle, il veut répondre aux bienfaits par lesquels Dieu l’a devancé ; il cherche ce qu’il pourrait faire pour le Seigneur, en réponse à tout ce qu’il en a reçu. Et il ne trouve rien d’autre qui puisse correspondre à ces bienfaits, rien d’autre qu’un homme reconnaissant puisse rendre à Dieu, sinon la mort dans le martyre. Car il est écrit : "Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu’il m’a donné ?" Et voici la réponse : "Je prendrai la coupe du salut et j’invoquerai le nom du Seigneur". Or nous voyons dans l’Évangile que "la coupe du salut" est le nom donné au martyre. Lorsque ceux qui veulent siéger à droite et à gauche de Jésus dans son royaume désirent ce grand honneur, le Seigneur leur dit : "Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire ?". Il appelle "coupe" son martyre. Ce qui est clair d’après ces paroles : "Père, s’il est possible, éloigne de moi cette coupe. Pourtant, non ce que je veux, mais ce que tu veux". Nous apprenons ainsi que celui qui siégera, régnera, jugera avec le Roi des rois, c’est celui qui boira la coupe qu’a bue Jésus. Cette coupe est donc bien la coupe du salut : celui qui la recevra, invoquera le nom du Seigneur, et quiconque "invoquera le nom du Seigneur sera sauvé".

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...