Mercredi de la 2ème semaine de l’Avent

Mercredi, 12 Décembre 2018

Lettres aux fraternités de RENÉ VOILLAUME

Apprendre à grandir en Jésus, dans l’humble soumission aux exigences du moment présent, et en docilité confiante aux impulsions de l’Esprit Saint, c’est apprendre à recommencer chaque année, d’un cœur neuf, à naître avec Jésus, à grandir, à aimer, à souffrir et à mourir avec lui.
Nous avons Jésus, nous le possédons, il est à nous, tout entier, dès maintenant et pour toujours, et notre foi nous est garante de cette possession, ainsi que les sacrements qui nous livrent à lui, inlassablement, au-delà de nos fautes, de nos lâchetés et de nos refus, par la vertu du Sang de notre Dieu Sauveur. Nous le possédons et cependant nous ne le possédons pas, car il nous semble toujours attendre sa venue, aspirer à l’union avec lui, et bien souvent, notre amour n’est capable que de crier vers lui et de s’exprimer en un douloureux désir de posséder celui que notre foi nous assure cependant posséder déjà. Mais qui possédera jamais celui qui nous attire à lui en paraissant chaque fois se dérober à nos atteintes ?
Que de grâces de lumière et de force sont contenues pour nous en ce temps de l’Avent ! Il nous faut chaque année apprendre à nouveau la valeur divine de l’attente et de la recherche. Nul degré de l’amour ne nous délivrera jamais ici-bas de la loi de l’attente et du désir. Seules la sortie du monde obscur de la foi et l’entrée en celui de la Vision du Dieu de lumière nous délivreront de l’attente.
Mais quelles joies inaliénables, quel goût constamment inassouvi sont cachés pour nous dans l’attente pleine de désir de celui que nous aimons, car il est si grand, si beau, si vrai et si pur que jamais nous n’aurons fini d’attendre et de désirer sa venue. Il sera toujours Celui qui doit venir. Ce que nous pouvons posséder de lui sur terre ne saurait épuiser l’immensité sans limites de ce qui lui reste à nous donner de lui-même.
Les temps de l’Avent et de Noël nous sont donnés pour renouveler notre soif de posséder Jésus davantage, toujours davantage. Ne laissez pas la satiété ou l’indifférence tuer en vous le désir des éternels recommencements, seul moyen pour l’Infini de s’introduire dans le temps de nos vies terrestres.
Le désir jaillit de l’absence ressentie et de la pauvreté de cœur. Il nous est donc bon d’apprendre à nouveau chaque année à recevoir Dieu comme un tout petit enfant. Loin d’être un aspect secondaire ou sentimental de la manifestation de Dieu, l’apparition du tout petit "Dieu-avec-nous" manifeste une exigence essentielle de la manière dont Dieu s’y prend pour nous rendre capables de lui.
Faites-vous un cœur neuf. Oubliez tout ce qui, durant l’année écoulée, pourrait être en vous cause de découragement, de lassitude ou d’indifférence. Apprenez à nouveau à tout désirer, à tout espérer. Apprenez à recommencer dans la dilatation de la joie de l’espérance, parce que Jésus vient à vous dans la spontanéité et la fraîcheur d’une vie qui commence, toute nouvelle, tout entière pour vous.

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...