Mardi 5ème semaine du T.O.

Mardi, 12 Février 2019

 D’un ANONYME DU XIIème SIÈCLE

Le repos du Père c’est le sein d’Abraham. Là se révèle ouvertement la puissance du Père, la splendeur du Fils, la douceur de l’Esprit. Là, les saints sont en fête et bondissent de joie en présence de Dieu. Là sont des demeures lumineuses où les âmes des Saints se reposent et s’enivrent de l’abondance de la louange divine : on y trouve joie et liesse, action de grâces et paroles de louange.
C’est une solennité magnifique, un repos opulent, une lumière inaccessible, une paix sans fin. Là résident le grand et l’humble ; l’esclave s’y voit libéré de son maître. Là vit Lazare ; jadis plein d’ulcères à la porte du riche, le voilà maintenant dans la gloire du Père, jouissant d’un bonheur sans fin. Ô combien large et agréable est le sein d’Abraham ! Ô qu’il est calme et secret ! Qu’il est libre et lucide ! Ô Israël, qu’il est bon le sein d’Abraham ! Non pour ceux qui se glorifient en eux-mêmes, mais pour ceux qui ont le cœur droit, principalement pour ceux qu’il contient en lui et qu’il refait de lui.
L’œil n’a pas vu, ô Dieu, ce qui est préparé dans le sein d’Abraham pour ceux qui vous attendent. L’homme ignore ce secret, qui n’apparaît pas sur la terre à ceux qui vivent dans le plaisir. C’est un secret que "l’œil n’a vu, ni l’oreille entendu et qui n’est pas monté au cœur de l’homme". Il est promis aux fidèles qui combattent pour le Christ, il est donné aux victorieux qui règnent avec le Christ. Là sont les vraies richesses, là sont les trésors de sagesse, la longueur et la joie de la vie. Là est la pleine force où rien n’est faiblesse, où le courage ne manque pas. Là est la pleine sagesse : sans aucune ignorance, rien n’y manque de la vraie connaissance. Là est la félicité suprême qui ne connaît aucune adversité, où ne manque aucune bonté. On y est en pleine santé, parce que là est la pleine charité ; on y est pleinement heureux, parce que là est la pleine vision de Dieu. La vision, dis-je, est dans la connaissance, la connaissance est dans l’amour, l’amour est avec la louange, et la louange est avec la sécurité, et celle-ci est sans fin.
Cité de Dieu ! Que de choses glorieuses n’a-t-on pas dit de toi ! En toi est l’habitation de ceux qui sont dans la liesse, en toi est la lumière, la vie de tous. Ton fondement est une pierre unique, une pierre angulaire et vivante, et singulièrement précieuse. Tes portes brilleront de diamants splendides. Elles seront grandes ouvertes. Tes murs seront de pierres précieuses, tes tours seront en gemmes. Tes places, Jérusalem, seront pavées de gemmes et d’un or pur semblable au cristal transparent, et en toi l’on verra la vision de la gloire. En toi l’on chantera le cantique de liesse : tous entendront le suave concert du ciel, la symphonie, le chœur, et tous diront une seule parole : Alléluia ! Parole unique, parole très douce, parole pleine de louanges !
Dans cette cité vivent nos parents et amis très chers, pour intercéder pour nous auprès de Dieu ; ils attendent notre arrivée, et autant qu’ils le peuvent, ils accélèrent notre course. Heureuse l’heure où nous entrerons dans cette terre ! Alors, le Seigneur nous servira, tandis que se réjouiront les anges et que les saints seront dans l’allégresse. Ce jour-là, Dieu lui-même se manifestera à nous et à tous nos amis, il essuiera toute larme aux yeux des saints, pour de petites choses il leur rendra de grandes, pour des choses périssables la liesse. Alors tout sera clair pour tous, tout appartiendra à tous ; alors, on verra clairement comment Dieu est à la fois trois et unique, comment il est tout en tout, et par-dessus tout. Alors notre cœur se réjouira d’une joie pleine, et personne ne nous enlèvera notre joie.

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous consentez à notre politique de confidentialité