24ème dimanche du T.O.

Dimanche, 15 Septembre 2019

Sermon de SAINT AUGUSTIN

Ce n’est pas sans raison, Frères, que l’Église conserve cet antique usage de chanter l’Alléluia durant ces cinquante jours. L’Alléluia est, en effet, une louange à Dieu. Pour nous qui besognons, il est donc le signe de ce que nous ferons quand nous nous reposerons. Car lorsqu’après le travail d’ici-bas, nous viendrons à ce repos, notre seule occupation sera de louer Dieu ; notre agir là-bas, c’est l’Alléluia.
Que signifie Alléluia ? Louez Dieu. Qui peut louer Dieu parfaitement sinon les Anges ? Ils n’ont pas faim, ils n’ont pas soif, ils ne sont pas malades, ils ne meurent pas. Quant à nous, nous avons dit l’Alléluia ; nous l’avons chanté ce matin, ici même, et nous l’avons répété, il y a un instant. Un certain parfum de la divine louange et de son repos nous a effleurés, mais, pour une bonne part, notre vie mortelle nous accable. Ce chant nous lasse et nous désirons reposer nos membres ; et si nous disons trop longtemps : Alléluia, la louange de Dieu nous devient à charge, en raison du poids de notre corps. Car l’Alléluia ne pourra être chanté dans sa plénitude et sans interruption qu’après ce temps et après son labeur.
Alors, frères, que faire ? Disons-le tant que nous pourrons, pour mériter de le dire toujours. Là-bas, notre nourriture sera l’Alléluia, notre boisson l’Alléluia, notre repos l’Alléluia, toute notre joie sera l’Alléluia, la louange de Dieu. Qui loue, en effet, sans interruption, sinon celui qui jouit sans lassitude ? Quelle sera donc la vivacité de notre esprit, l’immortalité et la vigueur de notre corps, pour que notre âme puisse maintenir son attention dans la contemplation de Dieu, et pour que nos membres ne se fatiguent point d’une louange de Dieu ininterrompue ?
Mais pourquoi donc passons-nous cinquante jours à célébrer ce mystère ? Le Seigneur a passé quarante jours avec ses disciples après la Résurrection, comme le rapportent les Actes. Après ces quarante jours, Il est monté au ciel, et dix jours après a envoyé l’Esprit Saint. Il passa donc quarante jours avec ses disciples, comme avant sa Passion, Il avait jeûné quarante jours, nous montrant qu’il est nécessaire de s’abstenir durant ce temps de l’amour des biens temporels. C’est ce que signifie ce jeûne de quarante jours. C’est pourquoi nous avons passé quarante jours dans le travail, le jeûne et l’abstinence, car ils signifient le temps de la vie présente. Mais les jours qui suivent la Résurrection du Seigneur sont la figure des joies éternelles ; ce ne sont pas encore ces joies, mais la figure. La réalité est là, en symboles, frères, mais non en actes. En effet quand la Pâque est célébrée, le Seigneur est crucifié : mais de même que nous rappelons le souvenir d’événements passés par cette fête anniversaire, nous figurons aussi des réalités futures qui ne sont pas encore là. C’est ainsi que dans ce temps pascal, nous cessons de jeûner, car ces jours sont le symbole du repos à venir.

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...

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