Jeudi de la 27ème semaine du T.O.

Jeudi, 10 Octobre 2019

Sermon de Saint BERNARD

Rappelez-vous, frères, à qui s’adresse cette promesse : “Il en tombera mille à tes côtés et dix mille à ta droite” ; elle s’adresse à celui “qui habite à l’abri du Très-Haut et demeure sous la protection du Dieu du ciel”. Qu’il l’écoute donc celui qui s’approche déjà du port du salut par la pensée et par l’avidité de son désir, lui qui a comme jeté en avant de lui l’ancre de son espérance et semble s’être attaché inébranlablement à cette terre si désirable. Qu’il l’écoute tous les jours où dure son combat, en attendant le moment où il sera transformé.
Or la route que vous suivez est certainement l’approche la meilleure et la plus sûre de ce port du salut : elle vous prépare à sortir de ce monde ; je parle ici de l’appel et de la justification divine. Entre ces deux réalités, une sorte de lien solide est tissé, comme quelque chose entre l’éternité et l’éternité, c’est-à-dire entre la glorification et la prédestination. Oui, comme notre prédestination n’a jamais connu de commencement, de même notre glorification n’aura jamais de fin pour la clore.
Mais ne pense pas que ce lien entre cette double éternité, dont je viens de parler soit de mon invention. Écoute l’Apôtre : ne te donne-t-il pas le même enseignement d’une façon très claire ? "Ceux qu’il a discerné, il les a aussi prédestinés à devenir conformes à l’image de son Fils". À ton avis, comment et dans quel ordre pour les glorifiera-t-il ? Car tout ce qui vient de Dieu est ordonné. Parviendras-tu tout de suite, comme par un bond, de la prédestination à la gloire ? Non, ménage-toi un pont pour passer de l’une à l’autre, ou plutôt avance sur celui qui t’est déjà préparé. "Ceux qu’il a prédestinés, dit-il, il les a appelés ; ceux qu’il a appelés, il les a justifiés ; ceux qu’il a justifiés, il les a glorifiés".
Cette route, il est vrai, ne semble bonne qu’à quelques-uns. Et pourtant, elle est bonne : il n’y a rien à craindre concernant son issue. Que le terme de cette route ne te soit pas suspect, marches-y en sécurité, avec une ardeur d’autant plus grande que la fin t’en paraît plus proche. Te voilà maintenant au milieu du parcours, comment son terme ne s’approcherait-il pas ? Marche avec confiance, ne crains pas. Tes ennemis sont puissants, ils sont nombreux, mais "Il en tombera mille à tes côtés et dix mille à ta droite".
Toi présent, Seigneur Jésus, que s’élancent contre nous les ennemis, ou plutôt qu’ils ne s’élancent pas, mais qu’ils se ruent : qu’ils affluent de toutes parts, mais c’est pour fondre et périr devant la face de Dieu comme fond la cire en présence du feu. Pourquoi, en effet, craindrais-je des gens qui défaillent, aurais-je peur d’hommes qui tremblent, redouterais-je des gens qui tombent ? Même si je marchais au milieu des ombres de la mort, je ne craindrai rien, pourvu que tu sois avec moi, Seigneur mon Dieu ! Car dès que la brise du jour soufflera, les ombres s’évanouiront, et de ce fait, les princes des ténèbres tomberont ça et là.
Souviens-toi que sur un seul ordre du Sauveur, toute une légion de démons se retira du corps d’un homme possédé depuis longtemps déjà, et qu’elle n’osa, sans son ordre, toucher à des porcs ! A plus forte raison, si lui-même nous conduit, aussi nombreux qu’ils soient, les démons tomberont de toutes parts, s’écriant avec un extrême étonnement : "Quelle est celle-ci qui monte comme l’aurore à son lever, belle comme la lune, resplendissante comme le soleil, redoutable comme une armée rangée en bataille ? "

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...

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