Saints Cyrille et Méthode

Vendredi, 14 Février 2020

Allocution prononcée au XIe centenaire de la mort de saint Cyrille de JEAN-BAPTISTE MAURY

Quand Rasitlav, roi de la grande Moravie, demanda à Constantinople de lui envoyer des missionnaires bien au courant de la doctrine du Christ, mais connaissant aussi la langue et la culture slaves, le choix se porta tout spontanément sur Cyrille et Méthode. Donnés à Dieu, donnés à l’Église, ils ont accepté cette nouvelle exigence de son service. Ils ont compris et manifesté dans toute leur activité que la mission doit exprimer la catholicité et l’apostolicité de l’Église. Dans un équilibre remarquable, ils ont su allier, dans leur activité apostolique, les nécessités de l’unité et la légitime fécondité de la diversité.
L’Église est nécessairement une, car le Christ est venu pour rassembler en un seul corps tous les enfants de Dieu. Nous tous qui avons été baptisés dans le Christ, nous avons revêtu le Christ et nous ne faisons qu’un dans le Christ Jésus. Il n’y a qu’un Corps et qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une espérance au terme de l’appel que vous avez reçu ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul Baptême.
Pour les saints frères, cette unité et cette unicité de l’Église s’exprimaient concrètement dans la communion existant entre les Églises locales. Fils avoués et aimants de l’Église de Constantinople, ils n’ont pas hésité à établir, partout où c’était possible, des liens de communion avec d’autres Églises locales d’Europe centrale. Quand, malheureusement, des malentendus ont surgi, ils se sont tournés vers l’Église de Rome avec ce sens profond de la communion qui doit exister entre les Églises. C’est ce sens de la communion ecclésiale que nous vénérons dans les deux saints frères, dans ces hommes d’Église.
Dans ces moments difficiles, alors que de malheureuses tensions secouaient les relations des deux grands sièges de l’Occident et de l’Orient, les saints frères ont maintenu cette profonde communion qui ne pouvait être rompue. Fidèles à leur propre Église, à l’Église qui les envoyait, ils se sentaient néanmoins pleinement en communion avec l’Église de Rome, au chef de laquelle ils ont soumis les résultats de leur travail apostolique pour en obtenir sa bénédiction.
C’est la profondeur même de leur compréhension de l’authentique signification de la communion ecclésiale qui a permis à Cyrille et Méthode de réaliser ce remarquable équilibre que nous venons de signaler, entre les exigences de l’unité et la légitimité de la diversité : il fallait que ces peuples neufs qui s’ouvraient à l’Évangile du Christ puissent manifester cette vie unique, cette foi unique, d’une manière qui soit vraiment la leur ; il fallait qu’ils puissent authentiquement exprimer leurs réponses à l’annonce de l’Évangile et le culte qui, de leurs cœurs, montait vers Dieu.
C’est ici que nous devons dire notre admiration pour ce qu’en langage moderne nous appelons l’esprit d’adaptation de saint Cyrille. Pour lui, la révélation du Christ, la vie liturgique, la vie spirituelle, pouvaient et devaient se trouver “chez elles” dans toutes et chacune des différentes cultures. Tout l’apostolat des deux frères parmi les Slaves n’est-il pas une lutte continuelle pour traduire en actes, défendre et maintenir ce principe fondamental de la vie chrétienne ?

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...

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