Jeudi 5ème semaine du carême

Jeudi, 2 Avril 2020

Traité sur l’Évangile de Jean de Saint AUGUSTIN

Jésus, Fils de Dieu, Verbe de Dieu, a subi la mort, il a attaché la mort à la croix, et de cette même mort, les mortels sont délivrés. Ceci était arrivé en figure chez les anciens : le Seigneur le rappelle. "De même, dit-il, que Moïse, a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle". Grand mystère ! Le peuple d’Israël succombait dans le désert sous la morsure des serpents et il y avait une grande jonchée de cadavres, car c’était un fléau de Dieu qui châtiait et frappait pour instruire.
Le Seigneur atteste en ce passage que fut alors montré un admirable symbole d’une réalité à venir, si bien que personne ne peut donner une autre interprétation que celle indiquée par la Vérité parlant d’elle-même. Le Seigneur ordonna en effet à Moïse de fabriquer un serpent d’airain, de l’élever sur un bois dans le désert et d’avertir le peuple d’Israël que si quelqu’un était mordu par un serpent, il ait à regarder le serpent élevé sur le bois. Ainsi fit-on : les hommes étaient mordus, ils regardaient et ils étaient guéris.
Que sont ces serpents qui mordent ? Les péchés qui proviennent de la condition mortelle de la chair. Et qu’est ce serpent élevé sur un bois ? La mort du Seigneur en croix. En effet, la mort étant venue par le serpent, elle a été figurée par une image de serpent. La morsure du serpent fait périr, la mort du Seigneur fait vivre. On regarde le serpent pour que le serpent n’ait plus aucun pouvoir. Qu’est-ce à dire ? On regarde la mort pour que la mort n’ait plus aucun pouvoir ! Mais la mort de qui ? La mort de la Vie, si l’on peut parler ainsi : la mort de la Vie ; et comme on peut le dire, l’expression est admirable ! Allons-nous dire ce qui a bien pu se faire ? Est-ce que moi, je vais hésiter à dire ce que le Seigneur a bien voulu faire pour moi ? Le Christ n’est-il pas la vie ? Et pourtant le Christ a été crucifié. Le Christ n’est-il pas la Vie ? Et pourtant le Christ est mort ! Mais dans la mort du Christ, la mort a trouvé la mort, parce que la Vie, frappée à mort, a tué la mort. La plénitude de la Vie a englouti la mort, la mort a été anéantie dans le corps du Christ. C’est ce que nous dirons, nous aussi, à la résurrection, quand, déjà triomphants, nous chanterons : "Mort où est ta puissance ? Mort où est ton aiguillon ?"
En attendant, mes frères, pour être guéris du péché, regardons le Christ crucifié, car, dit-il, "de même que Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’homme soit élevé afin que tous ceux qui croient en lui ne périssent pas, mais qu’ils aient la vie éternelle". De même que ceux qui, jadis, regardaient le serpent ne mouraient pas des morsures des serpents, ainsi ceux qui regardent avec foi la mort du Christ sont guéris des morsures des péchés. Ils étaient alors guéris de la mort pour jouir d’une vie temporelle, mais ici le Christ affirme : "Pour qu’ils aient la vie éternelle". Telle est la différence entre la figure et la réalité : la figure ne donnait qu’une vie temporelle, la réalité dont elle était la figure, donne la vie éternelle.

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...

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