Mardi 13ème semaine du T.O.

Mardi, 30 Juin 2020

Nouvelle lecture du Livre de la Genèse d’ANNICK DE SOUZENELLE

La Torah … comporte… essentiellement quatre niveaux exprimés par les quatre lettres du mot pardès, PRDS, qui signifie le "verger".
Entrons dans le premier verger et goûtons-en les fruits. Il est celui du pshat, de ce qui est tout simple. Ce niveau…rend compte d’une réalité historique inadéquate ; il est celui sur lequel nous nous tenons en notre état d’exil ; c’est lui seul qui est proposé à nos traductions et nous sommes loin d’être suffisamment nourris de lui, car c’est l’Homme extérieur qui en donne le sens alors que c’est inconsciemment l’Homme intérieur qui le cherche…
Le deuxième verger est celui du remez, de ce qui "clignote" : une âme palpite derrière la lettre, un cœur bat, une respiration s’ébauche entre le texte et le Verbe divin créateur. Les fruits de ce jardin ouvrent notre intelligence à la dimension symbolique du message ; l’Homme intérieur est concerné et s’attable au festin.
Le troisième verger est celui du darash. En celui-là on retourne la terre, on "scrute" ses richesses ; ses fruits nous comblent ; mais le message délivré "exige" un retournement total … l’Homme extérieur doit commencer de s’effacer devant l’Homme intérieur. "Scruter" et "exiger" recouvrent d’une façon distincte, mais non séparable, cette racine darash ; cela signifie qu’une même énergie les tient ensemble et que celui qui scrute le texte et qui le voit s’ouvrir à lui, entre dans "l’exigence" d’actualisation de ce qui lui est délivré. Il s’agit là d’un engagement de vie…Celui qui fait cette expérience et qui obéit à l’ordre de ce nouveau message, voit le texte s’ouvrir encore un peu plus à lui, mais avec une exigence nouvelle. Le texte est comme une équipe qui retire ses voiles sous le regard et la caresse de son amant, dans une relation amoureuse, exigeante et bouleversante ; elle retire ses voiles jusqu’à délivrer son secret, car tel est le nom du quatrième verger.
Sod est le secret où nul ne peut être introduit sans avoir parcouru auparavant la totalité des autres vergers, ce qui veut dire, sans s’être nourri de leurs fruits, en avoir acquis la force, avoir ainsi atteint à la totalité de lui-même ; nul ne peut être introduit non plus dans ce sanctuaire qu’est la "terre promise" sans que Dieu lui ouvre la porte. Dans le secret et dans la main divine, le fruit de l’Arbre de la Connaissance lui sera remis.

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...

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