Mercredi 13ème semaine du T.O.

Mercredi, 1 Juillet 2020

Ennaratio de Saint AUGUSTIN

Dieu ne pouvait offrir aux hommes un plus magnifique présent que de leur donner son Verbe par qui il a tout créé, en faire leur Tête, et les unir à lui comme ses membres. Ceci pour qu’il soit fils de Dieu et fils de l’homme, un seul Dieu avec son Père, un seul homme avec les hommes. Ainsi, parlant à Dieu dans la prière, nous n’en séparerions pas le Fils, et quand le corps du Fils serait en prière, il ne se séparerait pas de sa Tête. Qu’ainsi notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu en personne, le seul Sauveur de son corps, soit celui qui, à la fois prie pour nous, prie en nous, est prié par nous. Il prie pour nous comme notre prêtre, il prie en nous comme notre Tête, il est prié par nous comme notre Dieu.
Reconnaissons donc nos paroles dans les siennes, et ses paroles dans les nôtres. Nous entendons souvent, en quelque endroit des Écritures, le Christ gémir, prier, avouer des péchés, et nous hésitons à lui attribuer ces mots, du fait que notre pensée, absorbée dans la contemplation de sa divinité, a peine à descendre jusqu’à son humilité. Elle craint, en quelque sorte de lui faire injure si elle reconnaissait ces mots dans l’homme vers qui elle dirigeait ses paroles quand elle le priait comme Dieu ; elle hésite la plupart du temps et s’efforce d’en modifier les termes. Mais elle ne trouve rien d’autre dans les Écritures, sinon qu’il faut revenir vers Lui et ne pas s’éloigner de Lui. Qu’elle se réveille donc, et qu’elle veille dans sa foi. Qu’elle voie celui qu’elle contemplait peu avant dans sa condition divine, "prendre la condition d’esclave et se faire semblable aux hommes".
Le Christ a donc prié dans sa condition divine, mais il a prié aussi dans sa condition d’esclave. Là Créateur, ici être créé, assumant sans être changé, une créature sujette au changement, et ne faisant avec nous qu’un seul homme, Tête et corps. Nous prions donc vers lui, par lui, en lui. Et nous disons avec lui et il dit avec nous, nous disons en lui et il dit en nous, la prière énoncée par ce psaume : "Aie pitié de moi, Seigneur, vers toi, j’ai crié tout le jour".
"J’ai crié tout le jour". Non pas un jour, mais "tout le jour", c’est-à-dire en tout temps. Depuis le moment où le corps du Christ a gémi sous le pressoir, jusqu’à la fin des siècles où seront détruits les pressoirs, cet homme gémit et crie vers Dieu. Et chacun de nous pour sa part a sa clameur dans tout ce corps. Tu as crié durant les jours de ta vie, et les jours de ta vie ont passé ; un autre t’a succédé, et il a crié les jours de sa vie. Toi ici, celui-ci là, cet autre ailleurs. Le corps du Christ crie tout le jour en ses membres qui décèdent et se succèdent. Un seul homme est déployé jusqu’à la fin des siècles. Des membres du même Christ crient, et certains de ses membres se reposent déjà en lui ; les uns crient maintenant, d’autres crieront lorsque nous-mêmes nous reposerons avec lui, et après ceux-ci, d’autres crieront. C’est ici la voix de tout le corps du Christ que l’on entend dire : "Vers Toi, j’ai crié tout le jour".

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...

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