Saint Anselme

Mercredi, 21 Avril 2021

Lettre de SAINT ANSELME

Anselme archevêque : à son frère et fils très cher, Hugues, salut et bénédiction.
Si tu cherches un conseil sur le moyen d’être toujours tendu vers le mieux, aime par-dessus tout ta vocation monastique. La condition pour y être bien fidèle, c’est de ne jamais vouloir dissimuler tes fautes ni les excuser. Les renards, en effet, ont des tanières où ils se cachent pour mettre bas et nourrir leurs petits, et les oiseaux ont au grand jour des nids, dans lesquels ils prennent soin de leur couvée : de même les démons font leur tanière et font pulluler les péchés dans le cœur de celui qui dissimule ses fautes, et ils bâtissent ouvertement leurs nids pour y accumuler également les péchés dans l’âme de celui qui s’excuse. Veille donc, si tu ne veux pas devenir une tanière ou un nid pour le diable, à ne jamais cacher ni excuser tes péchés. Que ton cœur soit toujours grand ouvert pour ton abbé, et en quelque endroit que tu sois, pense que non seulement ton corps, mais aussi tes pensées sont sous ses yeux. Fais et pense alors ce que tu ne rougirais pas de faire et de penser en sa présence. Si tu agis ainsi, le diable fuira la demeure de ton cœur, de même qu’un voleur évite la maison de celui qui ne veut ni le dissimuler ni prendre sa défense ; car c’est dans la maison de celui sur lequel il compte pour le cacher ou le défendre, qu’un voleur apporte le produit de ses vols.
Si tu prends l’habitude que je te dis là, l’Esprit-Saint fera alors sa demeure en toi. Il ne pourra en être enlevé ni chassé par l’afflux du mal, mais grâce à l’Esprit, cette bonne habitude repoussera loin de toi toute iniquité. Et cet état se traduira pour toi par une telle satisfaction, que jamais rien ne pourra te paraître aussi doux et aussi agréable. Seulement, tu ne pourras comprendre ce que je te dis là, que dans la mesure où tu auras voulu en faire l’expérience dans ta conduite.
Ton Père Abbé m’a dit beaucoup de bien de toi, jeune homme ! Mais il a ajouté une chose qui ne peut me plaire : il paraît que tu préfères aux exigences de l’obéissance, le choix de ton sentiment personnel. Ainsi, tu es habile dans l’art de copier les manuscrits, mais au lieu de t’y appliquer par obéissance, tu aimes mieux faire autre chose qui te paraît plus parfait. Sois bien certain qu’une seule prière de celui qui obéit, vaut mieux que dix mille de qui néglige d’obéir. C’est pourquoi je t’avertis, comme mon fils très cher et mon ami bien-aimé, de préférer l’obéissance dans toutes tes actions, de garder constamment en mémoire ce que je viens de te dire et de t’appliquer à le mettre en œuvre effectivement.
Que le Dieu tout-puissant te dirige toujours en tout par la bénédiction de sa grâce, et qu’il garde de tout mal. Amen.

 

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