Bse Marie des douleurs

Mercredi, 15 Septembre 2021

Hymne de ROMANOS LE MÉLODE

Venez tous, chantons celui qui fut crucifié pour nous, car Marie le vit sur le bois et disait : "Même dans le supplice de la croix, tu es mon fils et mon Dieu".
Brebis contemplant son propre agneau qu’on traînait à la boucherie, Marie, avec les autres femmes, suivait, consumée de douleur, en criant ainsi : "Où vas-tu, mon enfant ? Pourquoi achèves-tu cette course rapide ? Y a-t-il encore d’autres noces à Cana ? Est-ce là, pour leur faire du vin avec de l’eau, que maintenant tu vas si vite ? Puis-je t’accompagner, mon enfant, ou vaut-il mieux t’attendre ? Fais-moi la grâce d’une parole, Verbe, ne passe pas devant moi en silence, toi qui m’as gardée pure, toi qui es mon fils et mon Dieu !
Je ne m’attendais pas, mon enfant, à te voir en cet état, et jamais je n’aurais cru que les impies en viendraient à pareille fureur, et qu’ils porteraient les mains sur toi, injustement. Car leurs petits te crient encore : "Tu es béni !", et le chemin que tu as suivi, toujours encombré de palmes, atteste devant tous que ces criminels t’ont acclamé. Or, pour quelle raison le pire s’est-il accompli aujourd’hui ? Je veux savoir, hélas ! Pourquoi ma lumière s’éteint, pourquoi l’on attache à la croix mon fils et mon Dieu !".
Voilà les cris, voilà les pleurs qu’arrachaient à Marie sa douleur profonde, sa grande angoisse. Se retournant vers elle, celui qui sortit d’elle s’écria : "Pourquoi pleures-tu, mère ? Pourquoi te laisses-tu emporter hors de toi-même avec les autres femmes ? Moi, je ne souffrirais pas ? Je ne mourrais pas ? Mais comment donc sauverai-je Adam ? Je n’habiterais pas le tombeau ? Comment tirerai-je alors à la vie ceux qui sont aux Enfers ? Certes on me crucifie injustement, tu le sais bien : pourquoi donc pleures-tu, mère ? Crie plutôt ainsi : C’est volontairement qu’il a souffert, mon fils et mon Dieu !"
À ces paroles, la mère très pure de celui qui s’incarna en elle d’une ineffable manière, et naquit d’elle, s’écria, l’âme encore plus consumée de douleur : "Que me dis-tu, mon enfant : Ne te laisse pas emporter hors de toi-même avec les autres femmes ? C’est que, tout comme elles dans leur ventre, je t’ai porté dans mon sein maternel et que je t’ai donné le lait de mes mamelles. Comment donc veux-tu maintenant que je ne te pleure pas, mon enfant, quand tu cours subir injustement la mort, toi qui as ressuscité des cadavres, mon fils et mon Dieu ? Si tu vas soigner Ève ainsi qu’Adam, te reverrai-je ? Voici ma crainte : que peut-être, au sortir de la tombe, tu ne t’élances vers le ciel ; et moi, cherchant à te revoir, je pleurerai, je crierai : Où est mon fils et mon Dieu ?"
Quand il entendit ces mots, celui qui connaît toutes choses avant leur naissance répondit à Marie : "Rassure-toi, mère : tu seras la première à me voir au sortir du tombeau. Je viendrai te montrer à quelles peines j’ai racheté Adam et quelles sueurs j’ai versées pour lui. À mes amis, j’en révélerai les marques, que je montrerai dans mes mains. Et alors, ô mère, tu contempleras Ève vivante comme auparavant, et tu crieras joyeusement : Il a sauvé mes parents, mon fils et mon Dieu !"

 

Lecture d'un autre jour à partir du calendrier liturgique...

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